Le bateau en carton

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Le bateau en carton de José Viera (2010, 80 min)


Synopsis

C’est en passant sur l’autoroute que j’ai découvert cet étrange camp de réfugiés peuplés de Roms de Roumanie.

Un bidonville au milieu des arbres, coincé au milieu des voies de l’autoroute A10. Un instant, j’ai cru voir un flash back. Mais ce n’était que l’actualité d’une histoire qui n’en finit pas, celle de gens obligés de tout quitter pour conjurer la pauvreté. Je voulais comprendre quel était cet exode, d’où venaient les gens qui habitaient là, qui étaient ces « Etranges étrangers » comme l’étaient jadis les Portugais et les Algériens dans les taudis autour de Paris. En les filmant, je voulais les rendre familiers pour détruire les préjugés que nous avons à leur égard et raconter un peu de leur histoire d’immigrés à la recherche d’une vie meilleure.


Un entretien avec le réalisateur


(...)

Il y a dans chacun de vos films un vieil immigré portugais qui parle de la situation actuelle, de cette histoire tragique qui continue. Est-ce fréquent ce sentiment de solidarité ?

J. V. : Les immigrés conscients de ce que vivent les autres ne sont bien sûr pas très nombreux. Mais plusieurs m’ont parlé spontanément des Africains qui se noient pour atteindre l’Europe. Dans le film sur les Roms de Roumanie auquel je travaille en ce moment, je montre qu’ils sont des immigrés comme les autres, que eux aussi cherchent une vie meilleure, que eux aussi rêvent de bâtir une maison au pays. Evidemment, ces gens qui vivent dans un bidonville sont dans une telle situation de misère, d’ignorance, de discrimination, qu’ils n’imaginent pas que trente ou quarante ans plus tôt, d’autres ont vécu la même chose. Il se trouve que le bidonville des Roms où j’ai tourné à Massy n’est qu’à trois cents mètres de celui où j’ai grandi. Je leur ai montré les photos de mon enfance, ils ne me croyaient pas.


source : http://annebrunswic.fr/202-Entretien-avec-Jose-Vieira